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F I C H E    N°3
 
Un trésor du patrimoine mosellan: le château de Malbrouck

Étendu dans un fond de vallée, au coeur d'un paysage boisé, le village de Manderen est dominé par l'imposant château de Malbrouck, planté sur un promontoire rocheux culminant à 381 mètres.
Les origines de cette forteresse se perdent dans la nuit des temps. Sa première évocation historique remonte au début du VIIIe siècle, mais c'est en 1419 que Arnold VI de Sierck entreprit de faire reconstruire la forteresse. Les travaux devaient être achevés en 1436. Jusqu'au milieu du XVIIe siècle, le château changea plusieurs fois de seigneur, par héritage ou par mariage. Il souffrit énormément durant la guerre de Trente ans où il fut pillé, ravagé et incendié. Reconstruit, le château fut vendu aux enchères en 1658.

Un ensemble imposant

Le château se présente sous un plan trapézoïdal d'environ 55 mètres de longueur et de 43 mètres de largeur. Trois tours carrées - respectivement qualifiées de tour de la lanterne au nord-est, de tour des sorcières au sud-est et de tour rocher chauve au sud-ouest - et une tour ronde,

faisant office de donjon et couronnée de mâchicoulis, occupent les angles.
Elles sont reliées entre elles par des murs très épais, avec à leur sommet un chemin de ronde, donnant ainsi à l'ensemble une forme quadrangulaire.
La tour de la lanterne abrite la chapelle consacrée en 1431. Le corps de logis, serré contre le donjon, se reconnaît facilement.

Une célèbre comptine...

En 1705, alors que la guerre de la Succession d'Espagne fait rage, le duc de Malborough établit au château son quartier général. Louis XIV, désireux de protéger la France d'une probable invasion par la vallée de la Moselle, dépêche le maréchal de Villars qui prend place à Sierck, avec ses troupes, sur les hauteurs bordant la rivière. Quinze jours durant, les deux stratèges, Malborough et Villars, s'observent, engageant une véritable guerre des nerfs, à coup de fausses nouvelles et d'intoxication. L'Anglais attend des troupes et des vivres des coalisés. Elles n'arrivent pas. Aussi, une nuit baignée de brume, il quitte le château avec armes et armée pour rejoindre Trèves.

 




Villars a gagné la bataille sans qu'un coup de feu n'ait été tiré. La malice populaire s'est emparée de la défaite de l'Anglais pour la stigmatiser dans la célèbre comptine: "Malbrouck s'en va-t'en-guerre, mironton, mironton, mirontaine... Ne sait quand reviendra..." D'où le nom resté à la forteresse aux quatre tours. Cette odyssée est le dernier fait intéressant dans l'histoire du château de Manderen qui, transformé en ferme, connaîtra, pendant quelque temps, les occupations autrichiennes en 1792, russe au printemps 1814, prussienne en 1870.

 

On ne peut qu'être frappé par la qualité de la construction. L'épaisseur de la muraille varie de 0,80 m à 4,80 mètres. La fonction militaire prédomine partout. Des mâchicoulis couronnent une bonne partie de l'ensemble et les meurtrières ont été conçues pour l'usage des bouches à feu. La façade du bâtiment principal est percée de belles fenêtres à meneaux. Le blason de la famille de Sierck est sculpté sur le linteau de porte.

 

 

 

 


Un grand chantier de restauration

Classé monument historique en 1930, le château est acheté par le Conseil Général de la Moselle en 1975. Pendant une quinzaine d'années, celui-ci entreprend des travaux de consolidation des différentes tours ainsi que de défrichement et de mise en valeur paysagère des terrains

Une deuxième phase s'ouvre après la décision prise en 1989 par l'Assemblée départementale de restaurer le château de Malbrouck
.

Après avis de la Commission nationale
supérieure des monuments historiques, un programme de travaux a été décidé, permettant d'ouvrir ce patrimoine à une exploitation touristique. Les différents partenaires ont été, dès lors, sollicités pour apporter leur concours au deuxième plus grand chantier "Monument historique" de France après le Parlement de Rennes. C'est ainsi que des subventions ont été accordées par l'Union europénne, l'État et la Région.

 

Un ensemble
touristique et muséographique

Les travaux de restauration de la tour nord-est ont permis la découverte au sous-sol d'un four de forme carrée, semblable aux modèles apparaissant sur les gravures médiévales des traités d'alchimie. En partie haute, l'arasement de la maçonnerie sur le plus haut niveau a permis d'établir une couverture à quatre versants. Sous cette magnifique charpente à chevrons, est implanté un amphithéâtre. Cet espace, pouvant accueillir 150 personnes, permet d'organiser différents types de spectacles, des conférences et des concerts. À son angle sud-ouest et dans l'épaisseur du mur est implantée la chapelle castrale voûtée sur croisées d'ogive. La tour sud-est, dite tour des sorcières, dont la disposition avec de faux mâchicoulis était existante, est restituée. Les planchers intérieurs ont été reconstruits à leur emplacement d'origine.


La tour sud-ouest, dite tour du rocher chauve, est restaurée comme la précédente, suivant ses dispositions d'origine. Les travaux de restauration de la tour nord-ouest, improprement appelée "donjon", ont notamment consolidé les vestiges des cheminées et des chambres de tir.

Le chemin de ronde a été dégagé et permet d'admirer la vue sur la vallée et notamment sur le plateau nord.
Le corps de logis a été restauré dans son aspect Renaissance.


Les courtines ont été restituées et le châtelet d'entrée, disparu lors de la transformation du château en exploitation agricole, comprend trois niveaux de planchers ouverts sur la cour.
Parallèlement, différents travaux et aménagements extérieurs ont été entrepris sur les terrains dont le département s'est rendu propriétaire: travaux de déboisement et reboisement; équipement et aménagement de zones de pique-nique et de loisirs. Pour son exposition inaugurale "La Toison d'Or", de septembre à décembre 1998, le château a accueilli 120.000 personnes. L'année suivante a été mise en place l'exposition permanente dont la visite théâtralisée a séduit plusieurs dizaines de milliers de curieux. Par-delà sa vocation touristique, le château est ainsi devenu centre de rencontres, d'animations et de culture pour ses 85.000 visiteurs. 

 


 

 

 

 




TRAVAUX PRATIQUES

 

Étude de l'édifice

 

Identification
Quelle était l'utilité de ce château?: .......................................................................................................................................
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Site
Lieu de construction: ...........................................................................................................................................................
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Technique
Matériaux de construction: ...................................................................................................................................................
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Étapes de construction - rénovation: ......................................................................................................................................
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Noms des constructeurs ou rénovateurs..............................................................................................................................
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